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De quoi naît la poésie chez Senghor ?

tigre.JPG (38621 octets) Introduction

Introduire le contexte qui permet de comprendre l’enjeu de la question : L’utilisation du verset confère un rythme plus proche de la prose que l’emploi traditionnel du vers.

Dégager la problématique : Qu’est-ce qui crée donc le climat poétique, en l’absence d’une structure versifiée ?

Annoncer le plan en insistant sur la progression logique de la 1ère partie à la 2ème partie, voire à la 3ème partie

tigre.JPG (38621 octets) Développement

1. La poésie naît de l’écart (esthétique de la surprise) :

A. Un lexique inhabituel :

a) Exotisme du lexique africain qui suscite le rêve :

- Emprunté à la nature africaine : « kaïcédrat », « ouzougou », « trigonocéphale », « hippotrague » …

- Mais aussi à la culture africaine : « dyâli », « kôra », « teddungal » …

- Exotisme des noms propres : « Nolivé », « Khasonkée », « Lilanga » …

b) Exotisme du lexique français revisité par Senghor, qui acquiert ainsi un sens nouveau :

- Le goût des archaïsmes, au sens proche de l’étymologie : « labile », « ponant », « mitan » …

- Le goût des mots techniques :  « pruine », « surrection », « épizooties »

- Des associations de mots étranges : « amours hygiéniques », « lamantins aux yeux de mirage » …

- Voire même des néologismes : « prétemps »

Ecarts lexicaux qui produisent plus de sens parce qu’ils échappent à la banalité

B. Des ruptures dans la continuité logique de la pensée :

a) L’utilisation de la ponctuation (décalée, voire absente parfois, ce que Senghor revendique comme « ponctuation expressive ») : le portrait de l’Absente sans aucune ponctuation (p. 114) pour plus de fluidité

b) Les phrases elliptiques : « jamais tracé sillon ni dogme comme le Fondateur / La ville aux quatre portes, jamais proféré mot à graver sur la pierre » (p. 110)

c) Le zeugma (figure de style) : « tombant soudain et morts »

d) Les rejets qui mettent en valeur un mot clé : «  vides » (p. 112), « Au travail » (p. 124), « Et secrets » (p. 137)

Ecarts syntaxiques qui réveillent l’imaginaire du lecteur et lui suggèrent plus de pistes d’interprétation

2. Mais la poésie naît aussi (et surtout ?) de la musicalité :

A. Un jeu constant sur les sonorités :

a) Absence de rimes certes puisqu’il s’agit de versets

b) Mais jeu permanent sur les allitérations et les assonances : « Doucement elles m’ont chanté dans l’ombre le chant de l’Absente, comme on berce le beau bébé de sa chair brune » (p. 111)

c) Ou jeu sur les paronymes : « la plage plane » ou « toutes choses vaines sous le van, toutes choses vaines dans le vent » (p. 110)

La répétition d’une même sonorité crée un effet d’incantation (« tsétsés tségomyas »), propice à une atmosphère poétique, voire mystique

B. Un rythme très savant :

a) Un rythme modulé par le jeu de la succession des versets, de longueurs diverses

b) Avec des effets de rupture grâce aux rejets et contre-rejets  qui créent une sorte de rythme syncopé, très proche du jazz

c) Mais un rythme toujours fortement incantatoire : le « parallélisme asymétrique » («  répétitions qui ne se répètent pas » : p. 110) qui rappelle le rythme essentiel de l’Afrique, celui du tam-tam

De répétition en variation, la musique du poème senghorien nous emporte dans l’imaginaire : « Le poème n’est accompli que s’il se fait chant, parole et musique en même temps » (p. 168)

3. La poésie naît enfin de thèmes traditionnellement exploités par toute poésie :

A. Des thèmes qui fusionnent  :

a) L’omniprésence de la nature : certes essentiellement celle de l’Afrique, mais aussi évocation des paysages normands

b) S’allie à l’omniprésence du thème féminin : femmes noires aux noms charmeurs, mais aussi la femme blanche qu’est la Princesse de Belborg, au nom tout aussi évocateur

c) D’où la toute-puissance de l’analogie : jaillissement perpétuel d’images

- La femme comparée à la nature : l’Ethiopienne « douce d’olive », Nolivé aux « seins de rizières mûres » ou la Princesse de Belborg dont le «  visage est un chef-d’œuvre, [le] corps un paysage »

- Le fleuve comparé à la femme : « amante aux cuisses furieuses »

- Images qui surprennent : les « cuisses de loutre en surprise » de Nolivé

L’analogie est certes un procédé cher à tous les poètes, mais pour Senghor elle est le signe de l’osmose fondamentale qui unit dans une fusion harmonieuse tous les composants de l’univers

B. Deux tonalités majeures, issues des thèmes :

a) La poésie épique qui chante la grandeur de l’Afrique à travers ses mythes :

- Chaka

- Le Kaya-Magan

- La reine de Saba

b) La poésie lyrique, qui naît de la douleur du poète :

- A ne pouvoir concilier vie privée et vie publique : morts de Nolivé et de la Princesse

- A ne pouvoir saisir la présence féminine : Sopé même reste « absente »

Alternance de tonalités qui fait la spécificité de la poésie de Senghor, poète et homme politique.

tigre.JPG (38621 octets) Conclusion

Synthèse de chacun des axes + synthèse totale : Poésie qui utilise toutes les ressources du langage

Ouverture : Poésie qui devient musique signifiant l’harmonie du monde

Phrase conclusive : Le poème pour senghor est symphonique.

 

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"Chaka"

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