Ce retable, dédié à la Vierge, fut commandité par le Prieur d'Espira et les paroissiens en 1663. 

Un contrat fut établi avec le menuisier catalan Lluis Generes.

Le retable devait être achevé le 14 août 1664, veille de la fête du village  et devait montrer la Vierge et certains saints dont St Pierre (symbole du pape)  et St Augustin (symbole de la lutte contre l'hérésie). La présence de ces personnages devait affirmer la force de la hiérarchie catholique, face à la Réforme.

Le dernier registre présente le Christ en croix, entouré de Marie et de Jean. L'importance de la scène est mise en évidence par le dais théâtral qui la couronne. 
Le haut du retable est donc réservé au sacré tandis que les donateurs, eux, sont représentés sur le soubassement, en bas. . Le retable présente donc un   mouvement ascendant, invitant les fidèles à aller du monde des hommes vers le sacré. Mais il présente aussi un mouvement descendant : de la mort (la croix), à la vie (le tabernacle).
L'architecture du retable est issue de la Renaissance comme en témoignent les portiques à l’antique, les frontons brisés ou les cariatides. 
Mais une dynamique ascendante, proprement baroque, est donnée par les colonnes torses.
La sculpture était d’abord dorée  à l’or fin, puis peinte, puis grattée pour faire apparaître les motifs des étoffes qui devaient luire aux chandelles.

Or en 1876, une restauration déplorable, antiquisante, mutila le retable, méconnaissant cette technique de l’estofadora, issue du esgrafitto catalan.  La peinture fut grattée pour ne faire apparaître que la couche d'or et de la peinture bleue fut rajoutée à profusion.

 

 

 

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